Le report de la cérémonie officielle de lancement des travaux du second pont de Ziguinchor, initialement prévue pour le 31 juillet 2026, provoque une vive indignation en Casamance et relance le débat sur les priorités d’investissement dans cette région stratégique du Sénégal.
Ce projet de traversée supplémentaire sur le fleuve Casamance représente bien plus qu’une infrastructure routière : il symbolise l’engagement de l’État sénégalais à réduire l’enclavement chronique de cette région frontalière, enjeu central pour la mobilité intra-régionale et l’intégration économique ouest-africaine. La Casamance, séparée du reste du Sénégal par la Gambie, dépend fortement de ses axes fluviaux et routiers pour connecter ses marchés aux zones économiques du Sénégal et de la sous-région CEDEAO.
Un projet clé pour l’intégration régionale
Ziguinchor, capitale régionale, reste un carrefour commercial majeur pour la Casamance. L’existence d’un second pont réduirait considérablement les goulots d’étranglement du trafic et faciliterait les échanges commerciaux transfrontaliers. Dans le contexte d’une CEDEAO qui promeut la libre circulation des biens et des personnes, les infrastructures de cette envergure sont essentielles pour transformer l’intégration régionale en réalité concrète.
Le report du chantier intervient dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest accélèrent leurs investissements en infrastructures routières et fluviales. La Guinée, la Côte d’Ivoire et d’autres membres de la CEDEAO multiplient les projets de modernisation pour améliorer la connectivité. Cette pause sénégalaise soulève des questions sur les priorités budgétaires et la gouvernance des grands projets d’infrastructure.
Indignation locale et enjeux politiques
Les autorités locales et les acteurs économiques de Casamance expriment leur frustration face à ce report, qui prolonge l’attente après des années de planification et de promesses. Cette situation alimente les griefs historiques concernant l’accès inégal aux investissements publics dans la région, souvent perçue comme marginalisée malgré son potentiel agricole, touristique et commercial.
L’ajournement suscite également des interrogations sur le calendrier politico-administratif du Sénégal et les raisons réelles du report — qu’elles soient budgétaires, techniques ou liées à des changements de priorités gouvernementales.
Un enjeu d’intégration panafricaine
Du point de vue continental, ce projet illustre les défis persistants de l’infrastructure en Afrique de l’Ouest. Bien que la CEDEAO et l’Union africaine promeuvent activement la connectivité transfrontalière et les corridors économiques régionaux, la réalisation des grands projets se heurte régulièrement à des obstacles financiers, administratifs ou politiques.
La relance du chantier du second pont de Ziguinchor demeure un test pour la capacité du Sénégal à honorer ses engagements en matière d’infrastructure régionale. Pour la Casamance et pour l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest, cette infrastructure attend toujours son heure.
À suivre : Les autorités sénégalaises n’ont pas encore communiqué de nouvelle date officielle pour le lancement des travaux. Les détails sur les causes précises du report (budget, études techniques, restructuration administrative) restent à clarifier.



