Le projet de Gianni Infantino, président de la FIFA, de vendre les droits de la Coupe du monde à des investisseurs privés se heurte à une opposition croissante au niveau mondial. Après le rejet de l’UEFA (Europe) et de la CONCACAF (Amérique du Nord et Caraïbes), c’est au tour de la Confédération asiatique de football (AFC) de manifester son désaccord.
Dans un communiqué officiel, l’AFC a déclaré être « profondément préoccupée » par cette initiative. Cette prise de position représente un coup d’arrêt majeur pour le dirigeant de la FIFA, qui voyait dans cette monétisation une source de revenus supplémentaires pour l’instance dirigeante du football mondial.
Un projet qui divise les continents
Le projet controversé d’Infantino prévoyait de céder partiellement ou totalement la gestion des droits commerciaux et médias de la Coupe du monde à des fonds d’investissement ou des entités privées. Cette approche aurait permis à la FIFA de générer des revenus immédiats, mais soulevait des questions majeures : risque de commercialisation accrue, accès au tournoi potentiellement limité aux spectateurs aisés, et dilution du contrôle de l’instance mondiale sur sa principale compétition.
Les trois confédérations continentales qui ont rejeté le projet jusqu’à présent représentent ensemble des milliards de supporters et constituent une majorité écrasante du football mondial. Leur opposition conjointe suggère un consensus rare dans le sport professionnel : le maintien de la Coupe du monde comme bien commun, accessible et géré de manière traditionnelle.
Quelles implications pour l’Afrique ?
Cette résistance globale intéresse particulièrement la Guinée et l’ensemble du continent africain. La CAF (Confédération africaine de football) n’a pas encore publié de position officielle sur le sujet, mais la mobilisation des autres continents renforce la probabilité d’un rejet panafricain. Pour les nations africaines, la Coupe du monde reste un événement unificateur et source de revenus économiques indirects majeurs — tourisme, retombées médiatiques, fierté sportive.
Une privatisation de la compétition risquerait de réduire la couverture télévisée accessible gratuitement, notamment dans les régions où le pouvoir d’achat des ménages demeure limité. En Guinée comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, où le football est un pilier culturel, cette exclusion économique serait mal accueillie par les supporters et les fédérations nationales.
Infantino dans l’impasse
Confronté à cette coalition continentale croissante, le président de la FIFA se trouve dans une position affaiblie. L’instance mondiale a besoin de la confiance des confédérations continentales et des fédérations nationales pour fonctionner. Un projet imposé contre leur volonté risquerait de fragiliser légitimité et autorité de la FIFA, voire de provoque des tensions majeures au sein du gouvernance footballistique mondiale.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Soit Infantino abandonne le projet, reconnaissant l’ampleur de l’opposition, soit il persiste et intensifie les tensions — une stratégie risquée à moins d’une année de l’élection présidentielle à la FIFA.
À retenir
Ce dossier illustre une réalité importante : même les plus hauts dirigeants du sport mondial ne peuvent ignorer le poids collectif des continents et de leurs structures. La Coupe du monde, bien qu’outil commercial, reste ancrée dans une vision partagée par les peuples, qui refusent qu’on la privatise. Une leçon de gouvernance qui dépasse largement le football.




