Le gouvernement burkinabè poursuit sa stratégie de développement agricole. Après trois années de mise en œuvre (2023-2025), le pays lance une deuxième phase de son « offensive agropastorale, hydraulique et halieutique » couvrant la période 2026-2028. Une initiative qui reflète la priorité donnée par les autorités à la production agricole face aux défis sécuritaires et économiques du Sahel.
Des résultats probants sur la première phase
Entre 2023 et 2025, cette offensive a enregistré des résultats significatifs selon les données officielles du gouvernement : plus de sept millions de tonnes de céréales produites et plus de 58 000 tonnes de poisson. Ces chiffres témoignent d’une dynamique dans les trois secteurs prioritaires — agriculture, élevage et pêche — des filières essentielles pour l’économie et l’alimentation de la population burkinabè.
Pour les agriculteurs et éleveurs, cette production accrue représente des débouchés élargis et une meilleure sécurité alimentaire locale. Pour le gouvernement, c’est aussi un moyen de réduire les importations alimentaires et de stabiliser les prix sur les marchés intérieurs, un enjeu crucial dans un contexte où l’insécurité perturbe les chaînes d’approvisionnement.
Un programme structuré autour de trois piliers
Le programme s’articule autour de trois composantes complémentaires :
- L’agriculture vise l’augmentation des rendements et l’accès aux intrants (semences, engrais, équipements).
- L’élevage cherche à moderniser les pratiques pastorales et à améliorer la productivité animale.
- La pêche entend valoriser les ressources halieutiques des fleuves et bassins du pays.
Cette approche holistique reconnaît l’interdépendance de ces secteurs dans les zones rurales, où la plupart des ménages combinent agriculture, petit élevage et, le cas échéant, pêche artisanale pour leurs revenus et leur subsistance.
Enjeux et perspectives pour 2026-2028
Le renouvellement du programme soulève plusieurs questions : les investissements en infrastructure hydraulique (retenues d’eau, périmètres irrigués) seront-ils suffisants pour soutenir la production ? Comment les petits agriculteurs, dominants au Burkina Faso, accéderont-ils à ces ressources ? Quels mécanismes de financement (crédit agricole, appui de l’État) accompagneront cette deuxième phase ?
Pour les citoyens, l’impact dépendra de la capacité du programme à transformer la production en stabilité des prix et en emplois ruraux. Pour les entreprises agroalimentaires, c’est une opportunité de mieux s’approvisionner localement, réduisant ainsi les coûts et renforçant les chaînes de valeur nationales.
Une logique panafricaine de sécurité alimentaire
Cette relance s’inscrit dans une dynamique sahélienne et africaine plus large : face aux crises climatiques, géopolitiques et aux ruptures d’importation, plusieurs pays du continent renforcent leurs investissements publics dans l’agriculture et l’autosuffisance alimentaire. Le Burkina Faso, confronté à une pression sécuritaire particulière, y voit aussi un moyen de stabiliser l’économie rurale et de soutenir les populations les plus vulnérables.
Le succès de cette offensive 2026-2028 dépendra de la stabilité du financement, de la qualité des services d’appui aux producteurs et de la capacité des autorités à créer un environnement propice — sécurité, accès aux marchés, infrastructure logistique — où ces investissements porteront leurs fruits.



