La fintech nigériane CashAfrica franchit une étape clé dans sa stratégie de déploiement technologique. La startup, spécialisée dans les infrastructures de paiement sans contact, a officialisé un partenariat avec la chaîne de restauration rapide Chicken Republic pour intégrer le « tap-to-pay » au sein de ses points de vente.
Une expansion progressive sur le territoire
Le déploiement de cette solution débutera par une phase initiale dans 54 restaurants situés à Lagos. L’objectif, à terme, est de couvrir l’intégralité du réseau de la chaîne, qui compte 296 autres succursales réparties dans 25 États du Nigeria. Pour Chicken Republic, cette collaboration s’inscrit dans une volonté d’optimiser l’expérience client en rendant le processus de paiement plus rapide et plus fluide, comme l’a souligné Solomon Ojelade, responsable des finances de l’enseigne.
Un modèle économique axé sur les commerçants
Fondée en 2024 par Malik Asamu et Bello Opeyemi, CashAfrica a structuré son offre pour favoriser l’adoption massive. Si le service est gratuit pour les utilisateurs finaux, les commerçants supportent des frais de transaction compris entre 0,3 % et 1,5 %, selon le volume traité. Cette infrastructure est conçue pour fonctionner sur des terminaux NFC, mais également pour s’adapter aux besoins des petites boutiques, des stations-service et des supermarchés.
La startup mise sur l’usage quotidien pour démocratiser sa technologie. « La nourriture est l’un des moyens les plus simples d’influencer le comportement des clients », explique Malik Asamu. Les premiers tests, réalisés en collaboration avec Palmpay, ont montré un fort intérêt chez les jeunes adultes âgés de 20 à 30 ans, avec un taux d’adoption du paiement sans contact atteignant 90 % lorsque l’option est proposée.
Relever les défis de l’adoption
Malgré le potentiel, le secteur du paiement sans contact au Nigeria fait face à des obstacles persistants, notamment une sensibilisation encore limitée et des craintes liées à la sécurité des transactions sans code PIN. Pour répondre à ces enjeux, CashAfrica assure que ses solutions intègrent des dispositifs antifraude robustes et garantissent une exécution des transactions en moins d’une minute, même sur des réseaux à faible latence.
Le paysage nigérian voit d’autres acteurs, tels que Touch and Pay Technologies, œuvrer également à la transition vers le sans contact, notamment dans les transports publics. De son côté, CashAfrica affiche des ambitions continentales. Malik Asamu estime qu’avec une stratégie de partenariats ciblés, le paiement sans contact pourrait se généraliser au Nigeria en huit mois, et sur l’ensemble du continent africain en dix-huit mois. La startup prévoit d’ailleurs de multiplier les alliances avec des institutions bancaires et d’autres fintechs d’ici la fin de l’année 2026.


