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Afrique de l'Ouest

Nigeria : Le rapport MPI 2026 souligne un défi économique majeur

Le rapport MPI 2026 révèle que 113,3 millions de Nigérians vivent dans une pauvreté multidimensionnelle aiguë, poussant les entreprises à repenser leurs stratégies.

Nigeria : Le rapport MPI 2026 souligne un défi économique majeur

Un indicateur en hausse

Le rapport sur l’indice de pauvreté multidimensionnelle (MPI) 2026, publié par l’Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dresse un état des lieux préoccupant au Nigeria. Entre 2021 et 2024, le nombre de personnes vivant dans une situation de pauvreté multidimensionnelle aiguë a augmenté de 17,9 millions, portant le total à 113,3 millions de Nigérians.

Cette évolution marque une rupture avec la tendance observée entre 2018 et 2021. L’incidence nationale de la pauvreté s’établit désormais à 38,7 %, contre 33,0 % en 2021. Cette régression place le Nigeria parmi les pays ayant enregistré la plus forte progression absolue du nombre de personnes pauvres lors de leur dernière enquête, aux côtés de l’Afghanistan, de la République centrafricaine, de la Guinée et du Kirghizistan.

Impact sur l’écosystème entrepreneurial

Pour les entreprises et les startups, ces données imposent une réévaluation profonde du marché adressable. Si la démographie nigériane est souvent perçue comme un levier de croissance, la réalité économique actuelle limite l’accès aux services numériques. Les privations liées au niveau de vie, qui représentent 40,6 % de la valeur globale de l’indice MPI, constituent un frein majeur : 31,3 % de la population vit sans électricité et 37,6 % n’a pas accès à des solutions de cuisson propre.

L’adoption de technologies avancées, telles que les plateformes SaaS ou les protocoles Web3, se heurte à ces contraintes matérielles. Les acteurs économiques sont donc invités à privilégier des modèles axés sur l’utilité directe, comme la réduction du coût de la vie ou la simplification des transactions via des outils peu gourmands en ressources, tels que l’USSD ou des systèmes hors ligne.

Vers une décentralisation des solutions

Le rapport met en lumière une forte disparité régionale. Alors que l’incidence de la pauvreté est limitée à 3,7 % à Lagos, elle dépasse les 80 % dans des États du nord comme Sokoto, Yobe et Zamfara. Cette fragmentation géographique suggère que les interventions uniformes à l’échelle fédérale sont moins efficaces que des politiques décentralisées.

Les auteurs du rapport préconisent une approche ciblée, où les États prendraient la gestion de leurs registres sociaux et de leurs infrastructures locales. L’accent est mis sur des investissements concrets : mini-réseaux solaires, chaînes de stockage frigorifique et développement des compétences, plutôt que sur des transferts monétaires généralisés. Cette stratégie permettrait de répondre aux besoins spécifiques de chaque région, qu’il s’agisse de nutrition infantile ou d’accès à l’eau potable, tout en soutenant un écosystème d’innovation plus ancré dans les réalités locales.

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