Le programme Global Electronics Management (GEM) ambitionne de transformer la gestion des déchets électroniques sur le continent. Doté d’une enveloppe de 60 millions de dollars, financée par le Fonds pour l’environnement mondial, ce projet est piloté par la Banque africaine de développement (BAD) en collaboration avec l’ONUDI, le PNUD et le PNUE.
Une stratégie axée sur le cadre légal
L’initiative cible neuf pays lors de sa première phase : le Botswana, Djibouti, l’Eswatini, l’Éthiopie, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie, la Somalie et l’Afrique du Sud. Contrairement aux attentes liées aux infrastructures industrielles, le programme ne prévoit pas la construction d’usines de traitement ou de réseaux de collecte municipaux. L’objectif principal est de structurer l’environnement réglementaire pour favoriser l’investissement privé.
Smail Alhilali, directeur de la division Économie circulaire et industrie verte à l’ONUDI, souligne la nécessité d’une « action systémique » pour ancrer la circularité dans la chaîne de valeur. Pour la BAD, représentée par Henriette Christensen, spécialiste TIC senior, il s’agit d’aligner la transformation numérique avec la durabilité environnementale.
Le rôle de la responsabilité élargie du producteur
Le cœur du dispositif repose sur la mise en place de politiques de « responsabilité élargie du producteur » (REP). Ce mécanisme contraint les importateurs et assembleurs à financer la gestion de fin de vie des produits électroniques. En créant ce cadre, le programme GEM vise à établir un marché structuré où des opérateurs agréés pourront opérer, transformant ainsi la récupération des métaux précieux — tels que l’or, le cuivre, le cobalt et le tantale — en une activité économiquement viable.
Des marchés tests pour une harmonisation régionale
Le choix des pays bénéficiaires révèle une stratégie de déploiement normatif. Les petits marchés, comme l’Eswatini ou le Lesotho, servent de laboratoires pour tester des cadres juridiques rapidement applicables. Ces modèles, une fois éprouvés, ont vocation à devenir des standards régionaux. L’Afrique du Sud, déjà dotée d’une industrie de recyclage structurée, joue un rôle de vitrine et de fournisseur d’expertise technique.
Si l’urgence sanitaire est réelle — avec 48 millions de tonnes de déchets électroniques finissant chaque année dans des circuits informels ou des décharges — le succès du programme dépendra de sa capacité à intégrer les réalités économiques locales. Le défi majeur reste l’impact financier de ces nouvelles règles sur le prix final des équipements, dans des marchés où l’accès au matériel neuf est déjà complexe.




