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Afrique centrale

DigiPay : le modèle atypique d’une fintech sans levée de fonds

DigiPay, fintech créée en 2020, se développe sans levée de fonds. Analyse d'un modèle basé sur l'intermédiation et les défis de la dépendance technologique.

DigiPay : le modèle atypique d’une fintech sans levée de fonds

Dans le paysage dynamique de la fintech africaine, où les annonces de levées de fonds rythment souvent l’actualité, DigiPay se distingue par une trajectoire singulière. Fondée en 2020 à Brazzaville par Gachlem Ngassaki-Zoni, cette entreprise s’est développée sans aucun recours apparent au capital-risque. Une approche qui interroge les standards du secteur.

Une activité de flux plutôt que de bilan

Loin du modèle classique des néobanques comme Revolut ou N26, qui gèrent des dépôts et portent des risques de crédit, DigiPay opère sur un modèle d’intermédiation. La société ne détient ni comptes bancaires ni portefeuilles mobiles. Elle s’appuie sur les infrastructures existantes d’opérateurs tels qu’Airtel Money, M-Pesa et Orange Money pour router les transactions.

Concrètement, l’entreprise se rémunère par une commission prélevée sur chaque transfert, notamment via son application DigiTransfer lancée en mars 2026. Ce système de « péage » permet de générer des revenus basés sur le volume d’opérations, sans nécessiter l’immobilisation de capitaux propres pour financer l’activité.

Des ambitions panafricaines sous surveillance

Le volume d’activité revendiqué par DigiPay est significatif. Selon des données rapportées par Forbes Afrique en avril 2026, la société traiterait plus de 200 000 transactions par mois en République démocratique du Congo, pour un volume annuel estimé à 250 millions de dollars. Ce chiffre représenterait environ 12,5 % du marché congolais des transferts.

Toutefois, cette architecture « asset-light » comporte des risques structurels. La dépendance aux opérateurs télécoms et aux banques partenaires est totale. Une modification des tarifs d’interconnexion ou une décision unilatérale de ces partenaires pourrait fragiliser le modèle économique de la startup. Pour pallier cette vulnérabilité, les dirigeants de DigiPay ont annoncé une expansion vers la Côte d’Ivoire et le Canada en 2026, visant ainsi à diversifier leurs couloirs de transfert.

La question de la transparence financière

L’absence de levées de fonds documentées et la nature des chiffres communiqués soulèvent des interrogations sur la valorisation réelle de l’entreprise. Les données sur les volumes traités, bien qu’impressionnantes, manquent de sources auditées indépendantes. De plus, les variations observées entre les différents rapports — notamment sur les dates de création et les périmètres géographiques — illustrent la difficulté d’évaluer précisément la performance de telles structures.

Pour l’utilisateur final, la promesse de rapidité — moins de dix secondes pour un transfert depuis l’Europe — doit être mise en perspective avec les coûts réels, incluant les taux de change appliqués et les frais d’arrivée. Si DigiPay ambitionne de devenir une véritable néobanque, le chemin reste à parcourir. Pour l’heure, l’entreprise démontre qu’il est possible de bâtir une activité de transfert sur des flux transactionnels, mais la transformation de cette « application de transfert » en une institution financière pérenne reste le défi majeur de Gachlem Ngassaki-Zoni.

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La rédaction de Fameen News

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