La rentrée universitaire 2026-2027 marque un tournant pour les étudiants non ressortissants de l’Union européenne en France. Dans le cadre de la stratégie « Choose France for Higher Education », les droits d’inscription ont été multipliés par seize, une mesure qui touche particulièrement les étudiants africains, lesquels représentent près de la moitié des effectifs étrangers dans l’Hexagone.
Une barrière financière accrue
Le programme, qui vise à accroître l’attractivité de l’enseignement supérieur français, impose désormais des tarifs nettement plus élevés. Alors que l’accès aux universités publiques était historiquement très abordable, les nouveaux coûts atteignent environ 3 000 euros par an pour une licence et près de 4 000 euros pour un master. Ces montants représentent, selon plusieurs observateurs, l’équivalent d’un salaire français moyen, rendant l’accès aux études difficile pour de nombreux candidats issus du continent.
Inégalités et accès au savoir
Thierry Tondé, président du Comité des résidents africains de la Fondation Lucien Paye, souligne le décalage entre ces nouveaux tarifs et les réalités économiques des pays d’origine. Il pointe notamment la disparité des niveaux de vie et la faiblesse des revenus locaux face aux coûts imposés en France. Pour lui, cette politique risque de limiter l’accès à l’innovation et aux savoirs spécialisés à une minorité disposant de moyens financiers importants, au détriment de la diversité sociale au sein des campus.
Conséquences sur le parcours des étudiants
Les répercussions de cette réforme se font déjà sentir sur le terrain. Un enseignant à Paris-Sorbonne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, rapporte une absence totale d’étudiants subsahariens dans ses cours cette année. Au-delà du coût direct, les étudiants font face à des défis administratifs complexes, incluant des renouvellements de documents difficiles en préfecture. Certains apprenants, déjà inscrits, ont même vu leur cursus menacé par des annulations d’inscription faute de paiement, les contraignant à abandonner leurs études ou à multiplier les emplois précaires pour subvenir à leurs besoins.
À cette charge financière s’ajoute la suppression des aides au logement pour les étudiants non européens, accentuant la précarité de ceux qui tentent de poursuivre leur parcours académique en France.





