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International

Sénégal : quand l’aménagement territorial expose le fossé entre développement et droits des citoyens

Au Sénégal, la relance du projet des 600 hectares de Toubab-Dialaw expose un dilemme récurrent en Afrique : concilier modernisation économique et respect des droits citoyens. Une tension que la Guinée et toute l'Afrique de l'Ouest doivent affronter.

Sénégal : quand l’aménagement territorial expose le fossé entre développement et droits des citoyens

Le projet de réaménagement des 600 hectares de Toubab-Dialaw, au Sénégal, ravive un débat fondamental en Afrique de l’Ouest : à quel prix accepter le progrès économique ? La relance de cette initiative a suscité des réactions vives au sein de la diaspora sénégalaise et pose des questions qui dépassent largement les frontières du pays.

Idrissa Badji, figure de la diaspora sénégalaise, a exprimé son inquiétude en termes clairs : « Le développement ne peut se bâtir au détriment des droits citoyens ». Cette formule condense un dilemme récurrent en Afrique — comment concilier modernisation économique et respect des droits fonciers et des populations locales.

Un projet lancé, des populations en suspens

Toubab-Dialaw, située dans la région de Thiès au Sénégal, n’est pas une localité inconnue du continent. Ce projet d’aménagement, suspendu par le passé, revient à l’ordre du jour au moment où le Sénégal affiche son ambition de croissance économique. Les 600 hectares en question représentent un enjeu foncier majeur dans un contexte où la terre reste la ressource stratégique de l’Afrique de l’Ouest.

Ce qui préoccupe Idrissa Badji et d’autres acteurs, c’est le flou entourant le statut des populations résidentes et des droits d’usage établis de longue date. En Guinée comme au Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Mali, les grands projets d’infrastructure ou d’aménagement ont régulièrement provoqué des déplacements de population sans compensation appropriée ou sans consultation préalable.

Un enjeu panafricain : la gouvernance foncière en question

Le cas de Toubab-Dialaw illustre un problème structurel du continent. Entre 2000 et 2020, l’Afrique a connu une augmentation drastique des acquisitions de terres à grande échelle — souvent appelées « land grabbing » — au profit de projets d’État ou d’investisseurs étrangers. La Guinée, riche en ressources minières, n’est pas épargné par ces tensions : les projets d’extraction ou d’infrastructure y ont aussi généré des conflits fonciers importants.

Ce qui distingue l’alerte de Badji, c’est qu’elle vient de la diaspora. Elle signale que ces enjeux ne sont plus cantonnés aux débats locaux : ils mobilisent les Africains de l’extérieur, conscients que la crédibilité d’un État dépend de sa capacité à concilier ambition économique et respect des droits.

Développement et droits : un faux dilemme ?

En réalité, les projets réussis en Afrique de l’Ouest sont ceux qui ont pris en compte, dès le départ, les droits et préoccupations des communautés impactées. Une véritable consultation, une compensation équitable et une implication dans les bénéfices du projet ne ralentissent pas le développement — elles le consolident.

Au Sénégal, le gouvernement a l’opportunité de démontrer qu’une autre approche est possible. Cela signifie : audits indépendants du statut actuel des terres, dialogue avec les populations, clarification des modalités de déplacement si nécessaire, et assurance que les résidants ne seront pas simplement évincés au profit d’investisseurs.

L’Afrique de l’Ouest observe

Comment le Sénégal gère cette affaire sera observé bien au-delà de ses frontières. La Guinée, la Côte d’Ivoire et d’autres pays de la région font face aux mêmes choix. Un précédent sénégalais incluant droits citoyens et transparence foncière deviendrait un modèle. À l’inverse, un aménagement imposé sans véritable consultation renforcerait la méfiance envers les projets d’État.

Le message de Badji est simple : le développement sans droits n’est pas un développement durable — c’est une accumulation de frustrations qui déstabilisent à long terme. L’Afrique de l’Ouest l’a compris. La question est de savoir si ses gouvernements en feront de même.

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La rédaction de Fameen News

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