MTN Group table sur un redémarrage de sa activité nigériane au second semestre 2026 après la reprise de son service de crédit d’airtime, suspendu réglementairement en avril. Ce service, qui permet aux clients d’obtenir du crédit téléphonique et de rembourser lors de leur prochain rechargement, représente un pilier de la génération de revenus en fintech pour le groupe.
La suspension réglementaire a pesé lourdement. Entre janvier et juin 2026, MTN Nigeria a perdu environ 50 milliards de francs nigérians (37,1 millions de dollars) de revenus dus à l’arrêt du service. Au cours de cette période, l’entreprise avait réduit sa base de crédit d’airtime à environ un quart de son rythme du premier trimestre. Malgré cette perturbation, MTN Nigeria a affiché une croissance des revenus de service de 13% sur le semestre. Selon la direction du groupe, cette croissance aurait atteint la vingtaine haute si la suspension et l’impact d’une augmentation tarifaire de 2025 n’avaient pas joué.
La Fédération nigériane de la Protection des Consommateurs et de la Concurrence (FCCPC), organisme de surveillance, a imposé en avril de nouvelles exigences en matière de licence et de protection des consommateurs. MTN reconstruit maintenant le service avec quatre prestataires en place et s’attend à une récupération progressive au cours des troisième et quatrième trimestres 2026. Ralph Mupita, directeur général de MTN Group, a déclaré lors de la présentation des résultats du premier semestre : « Nous avons reçu des communications de la FCCPC, et nous sommes sur une voie de récupération avec l’avance d’airtime. Ainsi, au T3 et T4, nous devrions commencer à voir cette reconstruction en termes de base de clients autorisés, où nous pouvons étendre l’avance d’airtime au Nigeria. »
Au-delà du crédit d’airtime, MTN Nigeria maintient un fort élan opérationnel. L’opérateur a enregistré environ 7,5 millions de nouveaux abonnés au premier semestre 2026 tout en intensifiant ses investissements dans l’expansion du réseau, couvrant les services mobiles, l’accès sans fil fixe et la fibre optique. Les dépenses en capital, hors baux, ont atteint 620,5 milliards de francs nigérians (460,8 millions de dollars), avec 390,3 milliards de francs nigérians (289,8 millions de dollars) engagés au seul premier trimestre 2026, soit une augmentation de 92,8% comparé à la même période de 2025.
La dispute autour du crédit d’airtime illustre une évolution plus large de la régulation des télécoms en Afrique de l’Ouest. Des services comme XtraTime de MTN, Borrow Me Credit de Globacom et Extra Credit d’Airtel étaient traditionnellement considérés comme des services de valeur ajoutée télécom. Toutefois, les régulateurs les examinent désormais sous l’angle du crédit à la consommation, les plaçant dans un cadre normatif plus complexe.
Cette interruption souligne aussi la dépendance croissante des revenus télécoms vis-à-vis de services périphériques. Bien que le crédit d’airtime apparaisse secondaire face aux activités de connectivité fondamentales, son impact sur les revenus devient tangible quand des millions de clients l’utilisent pour rester connectés entre deux recharges. Pour MTN, la reprise de ce segment demeure stratégique pour consolider sa position au Nigeria, l’un de ses principaux marchés de croissance en Afrique.





