L’Afrique dispose des atouts nécessaires pour devenir autonome sur le plan énergétique et tirer parti de trois leviers majeurs : l’électrification, le dessalement et l’intelligence artificielle. C’est le diagnostic posé par Walid Sheta, président de la zone Moyen-Orient et Afrique pour Schneider Electric, le géant français de l’énergie et de l’automatisation industrielle.
Trois moteurs pour accélérer la croissance
Selon Sheta, ces trois domaines ne sont pas des enjeux isolés mais des vecteurs interconnectés qui redessinent les opportunités économiques du continent. L’électrification reste le fondement : environ 770 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, selon les données internationales. Combler ce déficit énergétique libère le potentiel productif des régions, permettant aux entreprises de se déployer, aux écoles et hôpitaux de fonctionner, aux ménages d’accéder aux services numériques.
Le dessalement émerge comme réponse stratégique aux défis hydriques qui menacent plusieurs régions du continent. Face au stress climatique et à la croissance démographique, la désalinisation offre une source d’eau fiable pour l’agriculture, l’industrie et la consommation domestique — un enjeu critique pour les économies côtières et semi-arides d’Afrique de l’Ouest, du Moyen-Orient et du Maghreb.
L’intelligence artificielle, enfin, démultiplie l’impact des deux premiers. Appliquée aux réseaux électriques, elle optimise la distribution, réduit les pertes et améliore la résilience des infrastructures. Couplée aux systèmes de dessalement, elle abaisse les coûts énergétiques et opérationnels. Plus largement, l’IA catalyse l’innovation dans tous les secteurs : agriculture de précision, santé diagnostique, manufacturier intelligent.
Quelles conséquences pour les citoyens et les entreprises ?
Ces trois leviers ont des traductions concrètes. Une électrification plus large signifie que les petites et moyennes entreprises peuvent fonctionner sans dépendre entièrement des générateurs diesel coûteux. Les tarifs électriques baissent quand les pertes de réseau diminuent — bénéfice direct pour les ménages. Les startups et PME technologiques trouvent un terreau plus fertile : data centers, fintech, e-commerce, télémédecine.
Le dessalement durable, alimenté par des énergies renouvelables, crée des emplois dans la construction, l’exploitation et la maintenance. Il libère des terres agricoles en réduisant la compétition pour l’eau. Les régions arides voient émerger de nouvelles activités économiques : production alimentaire, tourisme, zones industrielles.
L’IA, intégrée à ces infrastructures, multiplie les gains de productivité. Une ferme irrigée par eau désalinisée et alimentée en électricité fiable, gérée par des outils d’optimisation intelligents, produit davantage avec moins de ressources. Les services publics — électricité, eau — deviennent plus efficaces et plus accessibles aux populations les moins nanties.
L’Afrique de l’Ouest en première ligne
Pour la Guinée et l’Afrique de l’Ouest, ces enjeux sont particulièrement pertinents. La région connaît une croissance démographique rapide, une demande énergétique croissante et des défis hydriques saisonniers. Les investissements dans les énergies renouvelables (solaire, hydroélectricité) commencent à décoller, mais doivent être massifiés. Le dessalement, encore peu développé sur la côte, représente un marché émergent. Les capacités en IA et en données restent limitées mais progressent.
L’autonomie énergétique du continent ne signifie pas l’autarcie, mais plutôt réduire la dépendance aux importations et construire des écosystèmes d’innovation locaux. Sheta positionne Schneider Electric comme partenaire de cette transformation, via des solutions technologiques adaptées aux contextes africains.
La croissance des années à venir sera donc moins une question de ressources brutes que de capacité à les valoriser intelligemment — électricité durable, eau sécurisée, innovations assistées par l’IA. Un agenda ambitieux qui place l’Afrique au cœur des transitions énergétiques et technologiques globales.





