Le groupe Zedcrest a annoncé l’acquisition de Leatherback, une startup africaine spécialisée dans les paiements transfrontaliers. Cette opération marque une nouvelle étape dans la consolidation du secteur fintech africain et illustre les ambitions croissantes des acteurs du continent à l’échelle internationale.
Une relation nouée depuis 2021
Cette acquisition ne surgit pas de nulle part. Zedcrest et Leatherback collaborent depuis 2021, année au cours de laquelle le groupe a participé à un tour de financement présenté comme un tour « pré-amorçage » de Leatherback. Cette implication ancienne crée une base solide pour l’intégration opérationnelle : les deux structures se connaissent, partagent une vision et ont déjà travaillé ensemble dans le secteur des paiements numériques en Afrique.
Pourquoi les paiements transfrontaliers ?
Leatherback adresse un problème majeur en Afrique : les coûts et les délais des transferts d’argent entre pays restent importants. Selon diverses études, les frais de remise en Afrique subsaharienne peuvent dépasser 7 à 8 % du montant envoyé — un obstacle réel pour les travailleurs migrants et leurs familles, ainsi que pour les entreprises pratiquant le commerce intra-africain.
En rachetant Leatherback, Zedcrest renforce sa capacité à proposer des solutions de paiement plus rapides, moins onéreuses et plus accessibles. C’est une stratégie logique : consolider l’offre fintech pour servir mieux un marché qui en a besoin.
Une dynamique de consolidation dans la fintech africaine
Cette acquisition s’inscrit dans une tendance plus large. Le secteur fintech africain, après des années de création de startups, entre progressivement dans une phase de consolidation. Les fintechs qui ont prouvé leur modèle cherchent à se développer par croissance organique ou par rachat, tandis que les groupes établis acquièrent des spécialités pour étendre leur portefeuille de services.
Zedcrest elle-même s’affirme comme un acteur pan-africain ambitieux. En achetant Leatherback, elle vise à renforcer sa couverture géographique et sa capacité à traiter des transactions transfrontalières à plus grande échelle — un élément clé pour rivaliser avec les acteurs internationaux.
Enjeux et opportunités
Pour Leatherback, cette acquisition offre une voie de croissance rapide : accès au réseau de distribution de Zedcrest, ressources de développement renforcées, et crédibilité supplémentaire auprès des partenaires institutionnels (banques, entreprises de paiement).
Pour Zedcrest, l’intérêt est clair : absorber une expertise reconnue en paiements transfrontaliers et élargir son empreinte continentale. Cela lui permet de proposer une offre plus complète aux PME et aux particuliers qui ont besoin de transférer des fonds d’un pays africain à un autre.
Pour le marché africain, chaque consolidation réussie crée des effets d’économie d’échelle : services moins chers, plus rapides, et technologiquement plus robustes. C’est bénéfique pour les utilisateurs finaux et pour la compétitivité des entrepreneurs du continent.
À suivre
L’intégration de Leatherback dans le groupe Zedcrest devrait se dérouler dans les mois qui viennent. La vraie question : comment les synergies entre les deux structures seront-elles exploitées ? Verrons-nous une fusion complète des plateformes ou une cohabitation de deux marques ? Comment l’équipe de Leatherback sera-t-elle conservée ?
Ces détails détermineront le succès réel de l’opération et sa capacité à améliorer concrètement les services de paiement transfrontaliers pour les Africains.





