Le gouvernement camerounais a annoncé un nouveau report des opérations du quatrième recensement général de la population et de l’habitat, ainsi que de l’élevage et de l’agriculture. La période de collecte de données, initialement prévue pour s’achever le 31 juillet, a été prolongée jusqu’au 15 septembre par arrêté du Premier ministre.
Un second report qui soulève des questions
Ce second report consécutif révèle les défis logistiques et organisationnels auxquels fait face le Cameroun dans l’exécution d’une opération statistique d’envergure. Le premier report avait déjà repoussé la date limite, indiquant des difficultés dans la coordination des équipes de terrain, la collecte des données ou les systèmes informatiques déployés pour centraliser les informations.
Un intervalle de six semaines supplémentaires — du 1er août au 15 septembre — suggère que des obstacles significatifs nécessitent une réorganisation majeure. Ces délais prolongés peuvent refléter des enjeux tels que l’accès aux zones reculées, la formation insuffisante des enquêteurs, ou des problèmes technologiques dans la remontée des données.
Pourquoi ce recensement est stratégique
Le quatrième RGPH camerounais n’est pas un simple exercice administratif : il doit fournir au gouvernement les données démographiques, économiques et agricoles qui alimentent la planification nationale. Ces chiffres servent de fondation à la stratégie de développement du pays, à l’allocation des ressources publiques et à l’élaboration des politiques sectorielles.
L’intégration du volet agricole et élevage dans ce même exercice élargit son importance : elle permet d’actualiser la compréhension de la structure productive du pays, essentielle pour orienter les investissements dans l’agro-industrie et la modernisation agricole — secteurs vitaux pour l’économie camerounaise.
Une leçon pour l’Afrique de l’Ouest
Le cas camerounais offre des enseignements pertinents pour d’autres pays africains, dont la Guinée, qui envisagent ou réalisent des opérations de recensement. Les difficultés rencontrées soulignent l’importance de :
- la préparation antérieure robuste : tests des outils numériques, pré-positionnement des ressources logistiques et formation approfondie des agents ;
- les calendriers réalistes : dimensionner les délais en fonction des réalités de terrain, en particulier dans les zones d’accès difficile ;
- la coordination institutionnelle : une clarté des responsabilités entre agences nationales de statistique, ministères sectoriels et gouvernements locaux.
Impact sur la crédibilité des données
Les reports répétés peuvent aussi soulever des questions sur la qualité des données finales. Une pression pour respecter une nouvelle date limite pourrait, paradoxalement, compromettre la rigueur de la collecte. Les instances statistiques africaines doivent équilibrer la nécessité de calendriers tenus et la fiabilité des résultats.
Une fois achevé, ce recensement devrait être rendu public rapidement et présenté de manière transparente — y compris sur les méthodologie, les taux de couverture et les marges d’erreur — afin de nourrir la confiance des décideurs et des citoyens dans les chiffres produits.
Perspective continentale
Au-delà du Cameroun, ces opérations de recensement reflètent une ambition commune du continent : disposer de données démographiques et économiques actualisées pour orienter le développement. Chaque report, chaque défi surmonté, contribue à renforcer les capacités statistiques africaines — une infrastructure essentielle pour l’émergence économique et la bonne gouvernance.
Le prolongement jusqu’au 15 septembre offre au gouvernement camerounais une nouvelle opportunité de stabiliser le processus et de livrer un résultat fiable, qui pourra inspirer la région.





