Une passation de pouvoirs placée sous le sceau de la clarté financière
À Kankan, deuxième ville de Guinée et capitale régionale de la Haute-Guinée, le nouveau maire Lamine Labo Kourouma a marqué son entrée en fonction par un geste de transparence administrative. Quelques jours seulement après son installation à la tête de la commune urbaine, l’édile a présenté publiquement, le 14 juillet, un bilan financier complet de la gestion précédente, révélant un héritage de 151,5 millions de francs guinéens (GNF).
Cette divulgation, effectuée en présence de la presse et des 45 conseillers communaux, intervient au terme d’une période de vérification des comptes et des actifs municipaux suite à la passation de pouvoir. Une démarche qui tranche avec les pratiques parfois opaques qui caractérisent certaines transitions administratives en Afrique de l’Ouest.
Une gouvernance locale renforcée en Guinée
Cet exercice de transparence municipale s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la gouvernance locale en Guinée. Les communes urbaines, telles que Kankan, sont au cœur du développement territorial et de la prestation de services publics—eau, éducation, santé, infrastructures—qui conditionnent la qualité de vie des citoyens.
La divulgation publique des héritages financiers est une pratique recommandée par les cadres de gouvernance adopté par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ces normes encouragent les États membres, dont la Guinée, à consolider la transparence aux niveaux national et décentralisé, en ligne avec les objectifs de développement durable du continent.
Enjeux de gestion et perspective continentale
Le chiffre de 151,5 millions GNF—bien qu’étant une somme significative à l’échelle municipale—reflète les défis budgétaires que connaissent les collectivités locales en Afrique de l’Ouest. L’accès limité aux ressources propres, la dépendance aux transferts de l’État central, et la capacité inégale de mobilisation fiscale locale sont des obstacles identifiés par les institutions continentales, notamment la Commission de l’Union africaine et le Partenariat pour l’amélioration de la gouvernance locale en Afrique.
En affichant cette transparence dès les premiers jours de sa mandate, le nouveau maire de Kankan pose une base solide pour une gestion participative. Cela permet aux élus locaux—les conseillers communaux—et à la société civile de suivre l’utilisation des fonds publics et de contribuer à la définition des priorités de développement.
Un modèle pour la gouvernance décentralisée ouest-africaine
L’exemple de Kankan pourrait servir de référence pour d’autres collectivités de la région. À l’heure où la CEDEAO promeut le renforcement des capacités administratives et financières des gouvernements locaux, les initiatives de transparence immédiate constituent des signaux positifs pour les partenaires au développement, les investisseurs et les citoyens.
La nouvelle équipe municipale de Kankan devra désormais relever le défi d’optimiser la gestion de ce patrimoine financier et des ressources futures pour financer des projets de développement local : routes, équipements publics, amélioration de l’accès aux services essentiels.
Source : Mediaguinee.com, 14 juillet 2026.





