L’ancien président du Sénégal Macky Sall a officialisé sa candidature pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Cette démarche ravive un débat fondamental : la représentation africaine aux plus hauts niveaux de gouvernance mondiale, et plus particulièrement celle de l’Afrique de l’Ouest.
Un objectif africain de longue date
Depuis la création de l’ONU en 1945, aucun secrétaire général n’a jamais été africain. C’est un déficit de représentation que les États du continent dénoncent depuis des décennies. La candidature de Macky Sall s’inscrit dans cette revendication : donner une voix africaine à l’organe exécutif de l’organisation internationale.
Le Sénégal, nation fondatrice de multiples initiatives régionales et respecté sur la scène continentale pour sa stabilité démocratique, positionne son ancien chef d’État comme un candidat potentiellement crédible aux yeux de la communauté internationale.
Les arguments d’une candidature africaine
Macky Sall s’appuie sur plusieurs éléments pour justifier sa candidature. Son expérience à la tête d’un État ouest-africain pendant quatorze ans (2012-2024) lui a permis de naviguer des enjeux complexes : gouvernance, développement économique, gestion de crises régionales et dialogue intercommunautaire.
Le Sénégal est également reconnu comme un foyer de stabilité politique relative en Afrique de l’Ouest, région où les défis sécuritaires, notamment au Sahel, demeurent pressants. Cette dimension pourrait être présentée comme un atout : une compréhension directe des problématiques de sécurité, de développement et de gouvernance qui caractérisent le contexte africain.
Implications pour la Guinée et l’Afrique de l’Ouest
Pour la Guinée, l’enjeu est double. D’abord, une plus grande représentation africaine à l’ONU pourrait renforcer la capacité du continent à peser sur les décisions internationales qui le concernent directement : financement climatique, échanges commerciaux, sécurité, santé publique.
Ensuite, la candidature d’un leader régional sénégalais crédibilise l’Afrique de l’Ouest dans les forums mondiaux. Même si elle n’aboutit pas immédiatement, elle envoie un signal : la région ne se contente plus de subir les décisions prises ailleurs, elle aspire à les co-construire.
Cependant, la réalité géopolitique reste complexe. Les permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) conservent un poids décisif. Une candidature africaine réussie nécessiterait un consensus que les tensions géopolitiques actuelles rendent incertain.
Les défis d’une bataille multilatérale
La compétition pour le poste de secrétaire général engage traditionnellement plusieurs candidats issus de régions différentes. Le soutien de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) serait crucial pour la crédibilité d’une candidature régionale.
Au-delà de Macky Sall, cette dynamique pose une question stratégique aux dirigeants africains : comment consolider une position collective dans les négociations internationales, notamment sur les questions de développement, de transition énergétique et de financement climatique qui concernent directement la Guinée et ses voisins ?
La candidature marque un tournant symbolique. Elle exprime l’ambition du continent à ne plus être spectateur passif de la gouvernance mondiale, mais acteur légitime et décisionnaire.



