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Économie

Zlecaf : comment l’Afrique peut transformer son intégration commerciale en réalité économique

Sept ans après sa signature, la Zlecaf affiche des avancées institutionnelles mais le commerce intra-africain stagne à 15 %. Son secrétaire général trace les voies pour transformer le cadre légal en dynamique économique réelle.

Zlecaf : comment l’Afrique peut transformer son intégration commerciale en réalité économique

Sept années après la signature historique de Kigali en 2016, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) a franchi des étapes institutionnelles majeures. Pourtant, une réalité persiste : le commerce intra-africain stagne autour de 15 %. Entre promesses et blocages, l’enjeu n’est plus de créer le cadre, mais de le faire fonctionner.

Wamkele Mene, secrétaire général de la Zlecaf, défend un bilan nuancé. Les avancées sont réelles — protocoles signés, institutions en place, engagements politiques affichés — mais la traduction en flux commerciaux concrets reste le défi majeur. Pour lui, la fragmentation des économies africaines est l’obstacle central : sans élimination des barrières tarifaires et non-tarifaires, sans harmonisation des normes et sans amélioration des infrastructures de transport, le potentiel du continent restera lettre morte.

Un traité, des défis concrets

La Zlecaf réunit 54 États africains et vise à créer un marché unique continental de plus de 1,3 milliard de consommateurs. Sur le papier, c’est transformateur. En pratique, les entreprises africaines font face à des coûts de transport prohibitifs, des procédures douanières opaques, des incompatibilités de normes sanitaires et des tracasseries administratives qui renchérissent le commerce régional par rapport aux importations lointaines.

Pour un entrepreneur guinéen, par exemple, exporter vers le Sénégal ou la Côte d’Ivoire demeure plus coûteux et incertain qu’importer d’Asie. Cette réalité est partagée par les PME du continent : les règles existent, mais leur application varie d’un pays à l’autre.

Les chantiers prioritaires

Mene souligne trois axes pour débloquer le potentiel :

  • Infrastructure et logistique. Les routes, ports et liaisons ferroviaires reliant les régions africaines doivent être modernisés. Sans cela, les délais et coûts demeurent prohibitifs.
  • Financement du commerce intra-africain. Les banques et institutions de crédit doivent se mobiliser pour financer les échanges régionaux, réduisant ainsi l’appui sur le crédit international plus cher.
  • Harmonisation des règles. Normes sanitaires, fiscalité, régulation financière : chaque pays doit progresser vers une convergence, sans sacrifice de son intégrité.

Au-delà du consensus politique

Le secrétaire général reconnaît implicitement que la signature de traités est la partie facile. Le vrai travail commence au niveau des bureaux douaniers, des ministères du Commerce et des entreprises elles-mêmes. La Zlecaf ne peut pas imposer de haut en bas ; elle doit créer un écosystème où les acteurs économiques trouvent intérêt à commercer régionalement.

Cela signifie accompagner les PME dans la compréhension des règles d’origine, les aider à naviguer les procédures d’homologation, ou soutenir les initiatives d’échange de normes entre pays voisins.

Perspectives pour l’Afrique et la Guinée

Pour la Guinée, région minière et agricole, la Zlecaf ouvre des portes : exporter l’aluminium transformé ou l’énergie hydroélectrique vers des marchés régionaux, développer des chaînes de valeur intégrées en agroalimentaire ou en industries légères. Mais cela suppose une amélioration des corridors commerciaux, notamment vers les ports de Dakar ou d’Abidjan, et une clarification des règles d’accès.

Le message de Mene est clair : l’Afrique dispose du cadre légal. Elle ne manque pas de ressources ou de talent. Elle doit désormais démontrer sa volonté politique de mettre en œuvre, sans complaisance envers les protectionnismes nationaux qui freinent l’intégration réelle.

C’est à ce prix que la Zlecaf cessera d’être un accord sur papier pour devenir un moteur de croissance partagée.

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La rédaction de Fameen News

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