Une vision de 30 ans au service des femmes paysannes
Depuis trois décennies, Mariama Sonko œuvre à Niaguis, en Casamance, pour transformer le secteur agricole en opportunité économique concrète pour les femmes. Issue d’une famille de paysans, elle a fondé et pilote aujourd’hui Nous sommes la solution, un mouvement panafricain qui fédère plus de 800 associations réparties dans huit pays d’Afrique de l’Ouest. Ce réseau constitue un acteur majeur de la promotion de l’agroécologie et de l’autonomie financière des femmes rurales.
L’agroécologie comme modèle économique
Le modèle porté par Mariama Sonko repose sur l’agroécologie — une approche agricole qui combine les pratiques traditionnelles et la durabilité environnementale. Contrairement à l’agriculture intensive, elle privilégie la qualité des sols, la biodiversité et la réduction des intrants chimiques. Économiquement, cela se traduit par :
- Baisse des coûts de production : moins de dépendance aux engrais et pesticides importés, réduction des charges d’exploitation ;
- Accès à des marchés premium : produits biologiques ou agroécologiques, accueil croissant dans les circuits urbains et l’exportation ;
- Résilience accrue : terres moins dégradées, meilleure rétention d’eau, capacité à face aux chocs climatiques — un enjeu critique au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Autonomie financière : le cœur du projet
Pour les femmes, l’enjeu ne se limite pas à produire ; il s’agit de contrôler la chaîne de valeur. Le modèle de Mariama Sonko promeut :
- L’accès direct à la terre — historiquement une barrière majeure en Afrique de l’Ouest, où les droits fonciers des femmes restent limités ;
- La structuration en coopératives : mise en commun des ressources, négociation collective avec les acheteurs, amélioration des prix de vente ;
- La formation en gestion financière : budgétisation, épargne, investissement dans les outils de production ;
- L’accès au marché : fourniture locale, vente directe, export — sources de revenus durables et croissants.
Impact macro-économique : du local au panafricain
Avec plus de 800 associations membres dans la région, le mouvement Nous sommes la solution représente un écosystème économique substantiel. Pour l’économie sénégalaise et ouest-africaine, cela signifie :
- Création de revenus ruraux : les femmes agricultrices génèrent des revenus qu’elles réinvestissent dans l’éducation, la santé et l’équipement familial, stimulant ainsi la demande locale ;
- Réduction de l’exode rural : une agriculture viable en zone rurale freine la migration vers les villes, limitant les pressions sur les infrastructures urbaines ;
- Sécurité alimentaire : une production diversifiée, orientée vers l’autosuffisance et le marché régional, renforce la souveraineté alimentaire ;
- Emplois indirects : transformation agroalimentaire, transport, commerce — toute une chaîne économique émergente.
Un modèle transposable à la Guinée et au-delà
La Guinée, comme le Sénégal, possède un potentiel agricole considérable et une main-d’œuvre féminine rurale structurée. Les principes portés par Mariama Sonko — agroécologie, coopératives de femmes, accès à la terre et aux marchés — répondent directement aux défis d’emploi des zones rurales et d’autonomisation économique féminine sur le continent.
Trente ans de terrain, une vision panafricaine et un réseau de 800 associations : Mariama Sonko incarne comment l’innovation agricole et l’entrepreneuriat féminin transforment les économies locales. Une leçon d’impact pour toute l’Afrique de l’Ouest.



