Pour accélérer leur transition technologique et réduire les disparités internes, les pays arabes intensifient leur collaboration régionale. Lors de la sixième session de la Commission de la technologie au service du développement, tenue les 4 et 5 novembre à Tunis, les discussions ont mis en lumière l’importance d’une stratégie unifiée pour accompagner les mutations numériques en cours.
Un agenda commun pour harmoniser les politiques
Ce chantier s’inscrit dans le prolongement de l’Agenda numérique arabe 2023-2033. Ce cadre stratégique s’articule autour de 35 objectifs répartis en cinq piliers : les infrastructures, la gouvernance, l’économie, la société et la culture. L’objectif est clair : harmoniser les politiques nationales pour stimuler l’innovation et garantir une meilleure inclusion numérique à travers la région.
La préparation de la deuxième édition de cet agenda, prévue pour 2028, prévoit plusieurs avancées majeures, notamment la publication d’un rapport sur le développement numérique et la création d’un observatoire dédié. Les travaux actuels visent également à intégrer des domaines stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les technologies émergentes, la durabilité environnementale, ainsi que les usages pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.
Des défis persistants malgré une couverture étendue
Si les réseaux de télécommunications couvrent désormais environ 95 % de la population arabe, l’accès réel aux services numériques reste inégal. Selon Rania Al-Mashat, secrétaire générale adjointe des Nations unies et secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), seulement 70 % des habitants utilisent Internet. Un autre défi majeur concerne la représentativité linguistique : alors que la langue arabe est parlée par plus de 400 millions de personnes, les sites arabophones ne représentent qu’environ 1 % des contenus mondiaux.
Disparités dans l’administration et la cybersécurité
Les écarts de développement se manifestent également dans la maturité des services publics en ligne. L’indice de développement de l’administration en ligne (EGDI) 2024 des Nations unies place l’Arabie saoudite (0,9602), les Émirats arabes unis (0,9533) et Bahreïn (0,9196) en tête. À l’opposé, la Somalie (0,1468), le Yémen (0,2320) et les Comores (0,2587) affichent des scores nettement inférieurs à la moyenne régionale.
La cybersécurité suit une tendance similaire. Selon le Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), huit pays arabes atteignent le niveau de maturité le plus élevé (Tier 1). En revanche, le Yémen se situe au niveau le plus faible (Tier 5), tandis que la Somalie, la Mauritanie et le Soudan occupent le niveau Tier 4. Ces indicateurs soulignent l’urgence d’une coopération accrue pour renforcer les capacités techniques et juridiques de l’ensemble des nations de la région, dans une perspective alignée sur la Vision arabe 2045.





