La Tanzanie franchit une étape décisive dans sa stratégie technologique. En signant coup sur coup des accords de coopération avec la Russie et l’Angola les 28 et 29 octobre 2026, le pays affiche sa volonté de bâtir une industrie spatiale nationale robuste. Cette dynamique s’inscrit dans un plan quinquennal ambitieux, baptisé « Du mont Kilimandjaro, le sommet de l’Afrique, à l’espace », couvrant la période 2025-2030.
Une coopération internationale diversifiée
Le partenariat avec la Russie, formalisé avec l’agence spatiale Roscosmos, constitue un pilier central de ce projet. Il prévoit le lancement d’un satellite d’observation de la Terre dès mars 2027, la construction de stations au sol pour la réception de données, ainsi qu’un programme de formation pour les experts tanzaniens. L’objectif est de poser les bases institutionnelles nécessaires, incluant la création d’une agence spatiale nationale.
Parallèlement, la coopération avec l’Angola, actée lors de la visite du président João Lourenço, met l’accent sur les technologies de l’information et de la communication (TIC). Les deux nations explorent des applications concrètes exploitant les services du satellite ANGOSAT-2, notamment pour la gestion des infrastructures, l’agriculture et l’exploitation minière.
Vers une souveraineté technologique
La Tanzanie ne limite pas ses ambitions à ces deux partenaires. Le pays a multiplié les échanges avec plusieurs puissances spatiales mondiales :
- Chine : Des discussions avec la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC) portent sur la conception et l’exploitation de satellites.
- Japon : Dans le cadre du programme KiboCUBE, des échanges techniques sur les petits satellites sont en cours depuis février 2026.
- Inde : L’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) propose son expertise pour la formation des ingénieurs et scientifiques tanzaniens.
- Afrique du Sud : Des pistes de collaboration sur le développement conjoint de satellites et des échanges académiques ont été évoquées.
Ces initiatives répondent à une nécessité économique majeure. Selon les projections de Space in Africa, l’économie spatiale sur le continent devrait atteindre 39,52 milliards de dollars d’ici 2030. Pour la Tanzanie, l’enjeu est de transformer ces accords-cadres en projets opérationnels. La réussite de cette ambition dépendra désormais de la mise en place effective du cadre réglementaire, du financement des infrastructures et de la montée en compétences des spécialistes locaux.





