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Musique

Festival d’Avignon : Julie Deliquet célèbre Han Kang, prix Nobel, en lecture-performance panafricaine

Au Festival d'Avignon, Julie Deliquet met en scène une lecture-performance du chapitre « Oiseau » d'Impossibles adieux de Han Kang, prix Nobel de littérature. Une vitrine qui invite à réfléchir à la place des créateurs africains dans les circuits culturels mondiaux.

Source : rfi.fr

La littérature coréenne rayonne sur la scène culturelle mondiale. Au Festival d’Avignon, l’actrice et metteuse en scène Julie Deliquet propose une lecture-performance du premier chapitre d’Impossibles adieux, le roman primé de Han Kang, prix Nobel de littérature. Cette initiative met en lumière la circulation des œuvres majeures et les croisements artistiques Nord-Sud qui enrichissent les écosystèmes créatifs mondiaux.

Une œuvre reconnue mondialement

Han Kang, autrice sud-coréenne, a reçu le prix Nobel de littérature en 2024 pour son style poétique et sa capacité à explorer les zones grises de l’expérience humaine. Impossibles adieux poursuit cette trajectoire en interrogeant le deuil, la mort et la transformation intime. Le chapitre intitulé « Oiseau » offre un terrain fertile pour une expérience théâtrale et sensorielle.

« Cette lecture-performance témoigne de la manière dont les œuvres de qualité transcendent les frontières linguistiques et culturelles », note l’apport formatif des festivals comme Avignon, qui jouent un rôle majeur dans la diffusion des voix littéraires non eurocentriques.

Julie Deliquet et le théâtre de la voix

Actrice et metteure en scène, Julie Deliquet est reconnue pour ses approches novatrices du texte littéraire sur scène. Son travail consiste à transformer la lecture en performance vivante, où chaque phrase devient geste, respiration, présence physique. Cette approche rencontre particulièrement l’esthétique de Han Kang, dont l’écriture procède par fragmentations, silences et images surréelles.

La « lecture-performance » n’est pas une simple déclamation : c’est une création théâtrale où le texte devient dialogue entre l’actrice, l’espace et le public. Cette pratique s’inscrit dans une longue tradition d’hybridation des arts, commune aux écoles théâtrales africaines (où conteur, danseur et musicien partagent l’espace) et aux innovations contemporaines globales.

Un contexte de rayonnement africain des arts

Si cet événement se déploie à Avignon, il invite à questionner la place des artistes et créateurs africains dans les festivals majeurs mondiaux. Les institutions culturelles du continent — comme la Biennale de Dakar, les festivals du Mali, du Burkina Faso ou de Guinée — jouent des rôles croissants dans la circulation des œuvres et la reconnaissance des talents.

La CEDEAO, par ses politiques de mobilité culturelle et ses directives sur la libre circulation des artistes et des biens culturels, crée progressivement un cadre favorable aux échanges intra-africains et à la projection continentale. Des plateformes comme Fameen News valorisent ces dynamiques : célébrer comment l’Afrique innove, crée et dialogue avec le monde.

Un modèle d’échange transcontinental

La présence d’une œuvre coréenne primée au Festival d’Avignon, interprétée par une artiste française et diffusée en podcast (selon la source RFI de Vive s’voix), illustre les écosystèmes créatifs modernes : mondiaux, collaboratifs, hybrides.

Pour le continent africain, ce modèle est inspirant. Il montre que la visibilité internationale n’est pas réservée aux industries établies du Nord, mais accessible aux voix innovantes, qu’elles émergent de Séoul, Lagos, Abidjan ou Conakry. Les artistes et créateurs africains disposent des mêmes outils et des mêmes plateformes pour faire connaître leurs œuvres : à condition de bénéficier de soutien, d’investissement et de reconnaissance institutionnelle.

Cette dynamique incite à l’action : renforcer les fonds d’aide à la création en Guinée et en Afrique de l’Ouest, soutenir la mobilité des artistes continentaux, et amplifier les partenariats entre festivals africains et internationaux pour que les créateurs du continent gagnent la scène mondiale avec la même force que Han Kang.

Source : RFI, « De vive s’voix », podcast, juillet 2024.

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La rédaction de Fameen News

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