En Tunisie, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme (CRLDHT) tire la sonnette d’alarme sur les conditions de vie intenables dans les établissements pénitentiaires, aggravées par les températures extrêmes qui frappent le pays. L’organisation dénonce une « dégradation extrêmement grave » des conditions de détention, amplifiée par la montée de la canicule.
Les défis sont multiples : surpeuplement chronique des prisons, accès insuffisant à l’eau potable, ventilation défaillante et isolement thermique inadéquat transforment les cellules en espaces insalubres. Ces facteurs, combinés aux chaleurs estivales, exposent les détenus à des risques sanitaires majeurs — déshydratation, troubles cardiovasculaires, infections respiratoires — particulièrement critique pour les personnes âgées et les individus souffrant de pathologies chroniques.
Ce problème n’est pas spécifique à la Tunisie. Plusieurs pays africains, de la Guinée au Sénégal en passant par la Côte d’Ivoire, font face à des enjeux similaires : des systèmes pénitentiaires saturés, des budgets d’infrastructure insuffisants et une gestion des risques climatiques encore fragmentée. Les organisations de défense des droits de l’homme appellent à des mesures d’urgence : amélioration de la ventilation, distribution d’eau supplémentaire, réduction du surpeuplement par des révisions judiciaires, et formation du personnel pénitentiaire aux premiers secours en cas de coup de chaleur.
Le CRLDHT demande une intervention immédiate des autorités tunisiennes pour préserver la dignité et la santé des détenus. Cette alerte soulève aussi une question plus large : comment les États africains peuvent-ils adapter leurs infrastructures pénales aux réalités climatiques du continent et garantir des standards minimums d’humanité, même en contexte de ressources limitées ?




